Actions nord-américaines : la Trumposphère et l’IA-vers : deux forces qui façonnent les marchés d’aujourd’hui

Transcription

PETER HOFSTRA : « May the 4th be with you. » On est de retour! Je suis Pete Hofstra et je suis là pour vous offrir une mise à jour sur les actions nord-américaines. Toute une performance de la part du S&P 500, quand même. En hausse d’environ 10 % en avril. Il faut remonter à novembre 2020 pour voir un gain du genre. Le Canada s’est bien débrouillé aussi, avec une progression de 3 %. Donc un rendement inférieur, mais le contexte était différent : le marché a surtout été porté par les services financiers, plutôt que par les matériaux ou l’énergie, comme on l’a vu dans plusieurs phases de hausse au cours de la dernière année. En fait, je pense que les matériaux étaient en baisse et que l’énergie affichait un léger gain, mais visiblement, les perspectives favorables pour l’économie canadienne ont soutenu les rendements du secteur financier. Et bien sûr, c’est la technologie qui a mené la reprise aux États-Unis. Donc selon moi, il y a deux grands thèmes. On les connaît déjà, mais si on veut leur donner un nom, on navigue actuellement entre la Trumposphère et l’IA-vers. Deux forces majeures qui influencent les marchés, plus ou moins indépendamment l’une de l’autre, même s’il est évident qu’elles pourraient finir par entrer en collision. La Trumposphère, c’est essentiellement tout ce qu’on vit depuis… mettons depuis l’élection de 2024 ou son entrée en fonction en janvier 2025. Donc on en est rendus à 15 mois, ou 16 mois, et plus récemment avec cette guerre contre l’Iran. On a vu un cessez-le-feu. Les marchés semblent être passés à autre chose assez rapidement. Les mouvements du marché, et même les mouvements à l’intérieur du marché, sont franchement incroyables. Je veux dire, il y a une énorme perturbation des chaînes d’approvisionnement. Même si la guerre prenait fin aujourd’hui, il faudrait beaucoup de temps avant que tout revienne à la normale, avant que toute la logistique se remette en place, tous ces navires transportant des engrais, du gaz naturel, du pétrole sous toutes ses formes… ça va prendre du temps avant que tout redémarre normalement. Et regardez, ça pourrait déclencher une énorme vague de réinvestissement. Quand on construit sa maison sur du sable dans une zone à risque d’ouragans, le fait de passer quelques années sans problème ne veut pas dire que le risque a disparu. Le détroit d’Ormuz représente un risque depuis longtemps. J’imagine qu’il aura fallu un président Trump pour vraiment mettre en lumière l’ampleur de ce risque et se dire qu’il faudrait peut-être y remédier. Ça pourrait donc déclencher toute une nouvelle série de projets de pipelines. Une partie des capacités de raffinage pourrait être déplacée ailleurs. On verra. On verra comment tout ça évolue. Mais c’est clairement une dynamique qui a un impact majeur sur les marchés. Maintenant, passons à l’IA-vers, qui a été tout simplement spectaculaire. On a eu une vague de résultats financiers publiés – plusieurs grands noms en l’espace de quelques jours : Amazon, Microsoft, Alphabet, Meta… Qui est-ce que j’oublie? Apple, évidemment. Bref, beaucoup des géants technologiques ont publié leurs résultats presque en même temps. Et le constat général, c’est que les dépenses liées à l’IA demeurent extrêmement solides – aussi fortes, voire plus fortes, que les scénarios les plus optimistes qu’on voyait circuler. On entre vraiment dans un nouvel ordre mondial. L’IA va transformer les produits et les services d’une multitude de façons. Et certains acteurs dominent actuellement l’infrastructure de calcul nécessaire pour faire fonctionner tout ça. Mais l’enjeu, c’est vraiment de distinguer où se trouvent les différentes occasions. Alphabet, qu’on appelait auparavant Google, a connu un excellent trimestre. Mais quand on réfléchit aux différentes composantes de cet univers (et c’est ce qu’on suit de près), — la vraie question, c’est de savoir qui va capter la valeur à long terme? Où est-ce que cette valeur va se concentrer? Est-ce que ce seront les grands développeurs de modèles? OpenAI? Anthropic? Gemini chez Alphabet? Grok? Elon Musk? Est-ce que c’est là que la valeur va se créer? Ou plutôt chez ceux qui hébergent toute cette puissance de calcul? Alors, est-ce que ce sera Microsoft? Est-ce que ce sera Amazon? Est-ce que ce sera Google, qui héberge une bonne partie de tout cela? Ou est-ce que ce seront les entreprises qui ont de véritables cas d’utilisation de l’IA capables d’améliorer concrètement leurs activités? Quand on pense à Alphabet, par exemple, ils participent aux trois éléments à la fois. Ils hébergent de la puissance de calcul. Ils ont Gemini, leur propre modèle de pointe. Et ils disposent d’un excellent cas d’utilisation avec leur moteur de recherche pour monétiser ce modèle. Quand on compare ça à Meta, on pourrait dire que ce dernier a deux éléments sur trois. Il a un modèle, Llama. Nous verrons s’il revient à l’avant-garde. Mais ils ont un bon cas d’utilisation. Ils ont d’ailleurs affiché des revenus très solides en utilisant l’IA pour améliorer considérablement leur activité publicitaire. N’est-ce pas? Microsoft, évidemment, n’a pas son propre modèle. Amazon non plus n’a pas vraiment son propre modèle. Donc les dynamiques sont différentes d’une entreprise à l’autre. Mais pour le moment, l’approche d’Alphabet, avec cette intégration verticale très poussée, semble être la formule gagnante. C’est le genre de choses qu’on suit de très près. Mais plus largement, ce grand thème qui se déploie actuellement sur les marchés semble extrêmement porteur. Tout semble fonctionner à plein régime. Les investisseurs essaient déjà de déterminer où apparaîtra la prochaine pénurie de composantes. Autrement dit, quel sera le prochain segment à s’envoler. Cela dit, je mettrais quand même un bémol. Oui, nous aimons les dépenses qui sont engagées actuellement et les occasions qu’elles créent. Mais une entreprise ne change pas fondamentalement de nature simplement parce que la demande dépasse l’offre pendant un certain temps. Le secteur de la mémoire informatique, par exemple, reste un secteur difficile. C’est un secteur de type marchandisé. C’est un secteur à forte intensité capitalistique. Bref, c’est exactement le genre d’activité dans lequel on nous apprend habituellement à ne pas investir. Tout ce que Warren Buffett, désormais à la retraite, vous dirait probablement d’éviter. Mais actuellement, la demande dépasse l’offre. Donc les choses paraissent excellentes. Et c’est le genre de situation qu’on analyse attentivement. Mais la nature fondamentale du secteur n’a pas réellement changé. Il traverse simplement une période particulièrement favorable. C’est donc le genre de dossier avec lequel il faut rester prudent. Les titres peuvent s’envoler et sembler extrêmement attrayants. Mais il faut faire très attention au niveau d’exposition qu’on accepte d’avoir. Il faut aussi éviter de courir après ce genre de secteur, parce que ses caractéristiques fondamentales n’ont pas changé. Donc la durabilité de cette dynamique n’est pas nécessairement au rendez-vous.

Bref, il y a énormément d’optimisme actuellement, mais il ne faut jamais se laisser griser par tout ça. Et puis, évidemment, il y a toujours la Trumposphère et tout le chaos qu’elle continue d’alimenter. Encore une fois, ces deux dynamiques restent relativement indépendantes l’une de l’autre. On a vu des résultats phénoménaux. Mais l’endroit où ces deux univers pourraient entrer en collision, c’est si les perturbations dans le secteur de l’énergie, en particulier, finissent par alimenter l’inflation, par accaparer une part croissante du budget des consommateurs – au point où une trop grande portion des dépenses finit par être consacrée à l’énergie plutôt qu’à d’autres secteurs. Ça pourrait ultimement mener à un ralentissement des dépenses des entreprises. Et dans ce contexte, même les investissements liés à l’IA pourraient devoir ralentir. Ce n’est pas ce qu’on observe actuellement, mais ce sont le genre de scénarios où ces deux mondes pourraient finir par se croiser. Évidemment, il y a aussi Jerome Powell qui ne quitte pas la Réserve fédérale américaine. Bref, la Trumposphère continue de générer toutes sortes de nouvelles dynamiques intéressantes – de nouveaux éléments à digérer et à tenter de comprendre. Je pense qu’on va s’arrêter ici pour ce mois-ci. La situation est ce qu’elle est. L’IA continue de sembler extrêmement porteuse. Espérons maintenant que cette guerre se règle et qu’on n’ait plus à s’en soucier. C’est essentiellement ce que les marchés anticipent actuellement. Espérons qu’ils aient raison. Mais jusqu’ici, la tendance des dépenses demeure très robuste. C’est tout pour le moment. On se reparle le mois prochain. Portez-vous bien.

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