29 août 2025
Au-Delà Du Bruit

Il est parfois important de prendre du recul, faire abstraction des manchettes et fluctuations du marché quotidiennes pour se concentrer sur le contexte plus large. Alors que l’été touche à sa fin, le moment semble propice à cet exercice. La toile de fond économique indique clairement un ralentissement de la croissance et bien que ce résultat ne soit pas une surprise, la voie à suivre reste incertaine. Les pressions inflationnistes ont été inégales, les conditions financières évoluent, et les changements au niveau des politiques au cours des prochains mois pourraient modifier cette trajectoire. En d’autres termes, l’histoire est encore en train de s’écrire, mais les perspectives sont loin d’être catastrophiques – comme nous l’indiquent les marchés des capitaux.
L’inflation s’est révélée tenace et, au cours de l’été, les États-Unis ont connu une hausse des prix à la production, y compris des marges de gros, reflétant la répercussion des tarifs douaniers. Ces évolutions pourraient temporairement faire monter l’inflation, mais elles ne représentent pas encore des pressions sur les prix persistantes ou incontrôlables. Le marché du travail a également perdu de sa vigueur, avec un ralentissement des embauches et une diminution des offres d’emploi, mais il est important de noter qu’il n’a pas basculé vers des licenciements généralisés. La croissance ralentit, mais ne s’arrête pas et l’inflation, bien que supérieure aux normes à long terme, reste proche de l’objectif de la Fed. Bien que le risque que la hausse des tarifs douaniers se répercute sur les prix à la consommation soit réel, l’économie américaine connaît plutôt un ralentissement mesuré et contrôlé qu’un basculement vers la stagflation ou une contraction pure et simple.
En ce qui concerne le commerce, les détails de l’accord- cadre entre l’Union européenne et les États-Unis annoncé le 21 août rappellent que, même si les tarifs douaniers seront plus élevés que par le passé, le commerce mondial n’est pas enterré. Les flux continueront, des frictions apparaîtront et les différends seront résolus. Le système mondial s’ajuste, il ne s’arrête pas.
Les marchés obligataires s’adaptent également à ces perspectives économiques en évolution. La courbe des rendements a commencé à s’accentuer, ce que certains interprètent comme un signal d’alerte. En réalité, cette accentuation est une caractéristique normale du cycle qui précède l’assouplissement de la politique monétaire par la Réserve fédérale américaine : les rendements à court terme baissent à mesure que les baisses de taux sont intégrées dans les prix, tandis que les rendements à plus long terme sont stabilisés par les anticipations de croissance et d’inflation. Cela fait partie du processus de transition de la politique monétaire et ne constitue pas une preuve de tension systémique.
Les marchés des actions méritent une évaluation plus prudente. Les marchés boursiers mondiaux se sont remis de la baisse provoquée début avril par les tarifs douaniers et sont proches de records historiques. Le S&P 500 a été fortement soutenu par la vigueur du secteur technologique, où les valorisations semblent élevées par rapport aux normes historiques. Dans le même temps, les bénéfices et les marges de ces entreprises restent très solides, ce qui complique le tableau. Sur une base à pondération égale, le S&P ne semble pas aussi tendu que cela. Il n’est pas bon marché, mais les valorisations ne sont pas non plus extrêmes, ce qui souligne à la fois le risque de concentration au niveau de l’indice et la résilience des fondamentaux des entreprises sous la surface. Les bénéfices, qui sous- tendent le rendement à long terme, restent solides.
Le contexte actuel reflète une période de modération, avec une croissance plus lente mais toujours positive et une inflation persistante mais gérable. Si les perspectives à court terme comportent leur lot de risques, l’horizon d’investissement à long terme reste attrayant.
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À propos de l’auteur
Lorne Gavsie est Vice-président principal et Chef de la macro-économie et gestion des devises chez Gestion Mondiale d’Actifs CI (GMA CI). Dans le cadre de ses fonctions, il est chargé de diriger les efforts reliés à la macroéconomie et à la gestion des devises, d’exploiter l’expertise et les connaissances à l’échelle mondiale de GMA CI, de produire de l’analyse pour l’équipe d’investissement et de fournir à nos clients des renseignements opportuns. Il est également responsable des stratégies de superposition de devises et de couverture de GMA CI. Lorne possède plus de 25 ans d’expérience dans le domaine et se spécialise dans les devises, le courtage et les marchés mondiaux.
Avant de se joindre GMA CI en 2015, Lorne a occupé différents postes au sein de grandes banques canadiennes, notamment celui de directeur général, devises européennes, basé à Londres, et celui de responsable mondial, change électronique, basé à Toronto.
Lorne est titulaire d’un MBA de la London School of Economics & Politics, HEC Paris et NYU Stern (collectivement appelés TRIUM) et est membre du Comité canadien des marchés de change (CCMC) de la Banque du Canada.
À propos de l’auteur
Neil Shankar est économiste chez Gestion mondiale d’actifs CI, où il est chargé de surveiller les principales tendances macroéconomiques et de façonner les perspectives économiques de GMA CI. Il participe activement aux discussions sur les placements et la répartition d’actifs, contribuant ainsi à orienter la prise de décision.
Collaborateur principal de la publication « Perspectives sur le capital » de GMA CI, Neil y partage ses points de vue approfondis sur l’évolution de la conjoncture économique. Il interagit également fréquemment avec les parties prenantes au sein de l’organisation et à l’extérieur, contribuant ainsi à approfondir la compréhension du paysage économique. Il est régulièrement cité dans la presse pour ses opinions sur l’économie et les marchés.
Fort de plus de 10 ans d’expérience dans le secteur, Neil a rejoint GMA CI en 2024 après avoir occupé des postes similaires au sein d’autres grandes institutions financières canadiennes. Neil est titulaire d’une maîtrise en économie d’entreprise de l’Université Wilfrid Laurier et d’un baccalauréat (avec distinction) en économie de l’Université Western Ontario.
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